Varaville


Les marais inondés
Les marais inondés

Le 6 juin, les parachutistes sont éparpillés au-dessus des marais de la Dives qui ont été inondés par Rommel et peinent à rejoindre les objectifs qui leur ont été fixés, neutraliser la batterie de Merville, faire sauter les ponts sur la Dives.  Beaucoup de paras sont largués au hasard, parfois très loin de leur zone. Certains restent accrochés aux arbres du bois de Bavent et les plus malchanceux tombent dans les marais inondés où deux cents hommes périssent noyés, sans avoir tiré un coup de feu. 

Le secteur repris par les Allemands fait l'objet de nombreux combats, les Anglais le libèrent à nouveau le 17 août lors de l'opération Paddle.

Les Belges de la Brigade Piron libèrent enfin le Hôme le 20 août après avoir essuyé une forte résistance depuis Sallenelles.  


Témoignages - Varaville

En avril 1944 : obligation de quitter le Home à cause de ce fossé anti– char et des mines. Pour la famille Aumont, c’est le début de l’exode, ils quittent leur maison pour se réfugier à Varaville à la ferme Laviec. Plusieurs nuits par semaine les avions allemands bombardent au dessus de Merville-Franceville, leur bruit sourd et lourd ne s’oublie pas. La nuit du débarquement, les bombardements s’intensifient vers la mer, tous les occupants de la ferme Laviec décident de quitter les lieux et partent en direction de la chaussée de Varaville. Et là, les avions volent très bas, des fusées lumineuses rasent le sol, les lâchers de parachutistes sont en cours. Edith se souvient que tout le monde se couchait par terre mais pas trop près de l’eau car les marais étaient inondés et au lever du jour, c’est une rencontre avec une patrouille de parachutistes canadiens recouverts de filets et le visage noirci. Edith, qui est encore une petite fille à l’époque, dit « ils sont déguisés ».Ces parachutistes parlent le patois normand, ils distribuent des cigarettes, des gâteaux et du chocolat. Un gradé explique qu’il ne faut pas rester là, il ouvre une pochette en cuir avec un plan très précis de la région et où figure la ferme Laviec. Il dit qu’il faut retourner là- bas et tous repartent vers la ferme en compagnie de ces soldats. Les soldats installent un poste d’observation sur le toit de la ferme pour surveiller le poste d’artillerie allemand situé à Dramart orienté vers la mer et celui de Varaville. L’église a été détruite pendant la nuit par ce poste allemand. 

Extrait d'Edith Dagorn


Paul Marion, résistant

Paul Marion est originaire du Home-Varaville, petite commune du Calvados d’environ 350 habitants avant-guerre, où il est né le 24 novembre 1919. En juin 1939, il s’engage dans l’Armée de l’Air et entre dans une école de formation des mécaniciens à Royan. A la déclaration de guerre, il signe un contrat d’engagement pour la durée du conflit, puis quelques mois plus tard, passe son Brevet Supérieur de mécanicien-avion. L’école est évacuée, le 10 juin, devant l’avance allemande, puis gagne par étapes les Pyrénées-Orientales et la vallée du Rhône. Entre-temps, les mécaniciens brevetés, rejoints par des pilotes de chasse, des chasseurs alpins, etc, versés dans l’Armée d’Armistice, sont incorporés dans les groupements « Jeunesse et Montagne », sortes de chantiers de Jeunesse de l’Armée de l’Air créés officiellement le 15 août 1940. En réalité, sous le couvert d’un organisme d’Etat reconnu par Vichy, il s’agit dans l’esprit des fondateurs de ce mouvement de préparer pendant une année, aux plans physique, civique et psychologique, des militaires redevenus civils, à devenir les volontaires redevenus civils, à devenir les volontaires et futurs cadres de la Résistance.

Son année de formation terminée, Paul Marion revient dans le Calvados pour aider sa mère, veuve, à tenir son commerce au Home Varaville. Bientôt, ils sont chassés par les Allemands parce que le commerce est situé dans la « zone interdite » créée à partir du 20 Octobre 1941, il n’y a plus de clientèle possible. Paul Marion se fait alors embaucher comme magasinier dans une entreprise de maçonnerie requise par l’organisation Todt pour construire la fameuse batterie de Merville. Après la loi de Vichy du 16 février 1943 qui institue le Service du Travail Obligatoire, il est obligé de fuir en Creuse où un fermier accepte de le cacher. Le hasard le conduit à rencontrer des F.T.P d’un maquis du secteur de La Souterraine. C’est ainsi, qu’au mois d’août 1943, Paul Marion, âgé de 23 ans, entre dans la Résistance comme maquisard.

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Les frères Marion et Jo Laveille
Les frères Marion et Jo Laveille


Evacuation de Varaville dès mars 44

En mars 1944, par ordre des Allemands, la zone côtière a été interdite et la population du Hôme-Varaville a dû déménager, avec la permission toutefois d’emporter meubles, matériaux et outils. J’avais alors sept-huit ans. Mon père, qui était maçon-entrepreneur au Hôme, a ainsi dû se résoudre à quitter son entreprise. Vétéran de la guerre de 14-18, il avait combattu de nouveau en 1939-1940, avait été fait prisonnier pendant 17 mois, et était finalement rentré en 43. Des maisons avaient été réquisitionnées à Cabourg pour le logement des habitants, mais mon père a jugé plus sûr de nous éloigner de la côte, et nous sommes partis à Petiville, chez les Dagorn. Nous avons été contraints d’évacuer à nouveau le 9 juin. Nous sommes partis, à pied et en vélo, vers Cléville, puis Méry-Corbon, enfin chez mon oncle près du Mans. Les Allemands ont construit des blockhaus au Hôme et posé soixante mille mines sur les routes et partout dans les terrains, les dernières à la hâte après le 6 juin. Leur plus grand blockhaus était un gros ouvrage bétonné comportant trois pièces, situé avenue du Général-Leclerc. Il y en avait deux autres, l’un rue Malhené, et l’autre au coin de la rue Henri-Bourgeois, derrière le golf. Il y avait aussi un grand fossé antichar qui fut creusé par des requis, entre le Camp Pasteur et l’Avenue du Général-Leclerc. Mon père, rentré de captivité, fut requis lui aussi pour les chantiers de l’organisation Todt mais refusa de travailler pour les Allemands. Il partit se cacher quelque temps dans le Jura pour échapper au travail obligatoire.

Extrait du témoignage de madame Couturier


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Note sur Paul Marion résistant déporté
Note de présentation de Monsieur Paul Marion rédigée à l’occasion d’une conférence à Ouilly-le-Tesson sur « Les jeunes de la Résistance dans les maquis » en mars 2003 suivie du récit de son arrestation.
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Témoignage de Madame Dagorn
Edith se rappelle des parachutistes qui parlent le patois normand et qui offrent cigarette, gâteaux et chocolat ...
T+®moignage de Madame DAGORN EDITH n+®e
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Souvenirs d'Andrée Couturier
En mars 44, la zone côtière est interdite, la famille Maury quitte les lieux pour se mettre à l'abri chez Mme Dagorn à Petitville mais il faut encore évacuer le 9 juin.
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Témoignage de Madame Couturier
La vie quotidienne à Varaville, pendant l'occupation avec la présence du sinistre Henry Thullier qui profite de la peur des habitants, quelques notes sur les déportés de Varaville et les premières opérations de déminage.
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Témoignage de Robert Lelièvre
Témoignage retranscrit par François Régnier : les souvenirs de la nuit du 6 juin 44
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Souvenirs d'un résistant déporté à Mauthausen-Ebensee
Victor dit « Jojo » Laveille, résistant communiste, ancien déporté à Mauthausen-Ebensee : souvenirs de Janine Laveille
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