Annebault, Douville, Gonneville-sur-mer, Saint-Vaast-en-Auge


La Libération d'Annebault le 22 août 1944

J'avais presque 7 ans ...

Mes parents habitaient à Gonneville-sur-mer, (D.24), à la ferme Bacchus, près de la voie de chemin de fer. A la suite du bombardement de la voie ferrée et des 2 ponts qui ont été manqués au début mai, mes parents décidèrent de m'envoyer chez ma grand-mère à Annebault, ferme de la Vallée Tantet. J'y suis resté jusqu'en septembre 1944.

 

Nous étions environ une trentaine de personnes. Pour nourrir tout ce monde, porcs et veau furent abattus. Quelques jours avant la Libération d'Annebault, les avions mitraillaient de plus en plus, certains laissaient derrière eux des papiers argentés pour tromper les radars. Au cours de ces mitraillages, tous les bovins de la ferme ont été tués. 

La veille de la libération, dans l'après-midi, les mitraillages devenaient de plus en plus intenses. C'est à ce moment que mon père dit : « mettons-nous à l'abri » et alors que je me rendais à l'abri creusé derrière les bâtiments , une rafale retentit ! Tout le monde se précipita vers les bâtiments et la maison.

Les avions mitraillaient la Vallée Tantet, la côte et le bois d'Annebault pour préparer le passage des Alliés, ce qui obligeait l'occupant à se replier vers Pont l'Evêque. Les libérateurs arrivèrent d'abord par la Vallée Tantet.

 

Le 22 août le village fut libéré sans être détruit et sans aucune victime. Le lendemain, nous allions tous au bord de la route voir les véhicules chargés de matériel de guerre et transportant des soldats anglais vers Pont l'Evêque. Dans la côte d'Annebault, tous les arbres étaient déchiquetés, étêtés, noircis par les tirs.

 

Après la libération du village, une unité anglaise a été au repos pendant 2 ou 3 jours dans les champs de la ferme. Je me souviens qu'un soldat m'avait donné une tartine de pain avec de la confiture et je me suis régalé. Quelques jours plus tard, avec mes parents nous sommes allés à travers champs à la ferme de la Vis à Bourgeauville , distante d'un kilomètre, chez la grand-mère maternelle. A mi-chemin, nous avons vu un avion abattu.

En septembre, tout le monde retrouvait sa maison, à vélo et charrette.

Récit de André Bosquain 


Coll.  André Bosquain
En 1946, le retour de Notre Dame de Boulogne à Gonneville-sur-mer

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La libération d'Annebault
Souvenirs d'André Bosquain
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Bombardements au Pays d'Auge - Souvenirs d'André Bosquain
Entre Gonneville-sur-mer et Annebault, ...
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Bombardement tragique à Douville

Madame CAHAGNIET, ma grand-mère, habitait la ferme en-dessous du cimetière de Houlgate. Au moment du bombardement, elle était dans son cabinet de toilette. La maison s'écroula sur elle, son fils MAURICE était coincé sous une poutre et c'est l'explosion d'une autre bombe qui le libéra. La Défense Passive est arrivée sur les lieux pour porter secours. Il y eut de nouveaux tirs, probablement des tirs de marine et c'est à ce moment qu'un éclat sectionna l'avant-bras de M. MONTERO. Au cours de ce bombardement, la maison de M. et Mme LANGLOIS qui se trouvait près du cimetière s'écroula sur eux. Ils moururent étouffés sous les décombres.

Récit de JC Cahagniet

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Bombardement à Douville
Lors d'un bombardement, la maison s'écroule sur ses occupants, un autre bombe les libère !
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Gonneville-sur-mer, Georges Lelièvre raconte ...

J’avais 12 ans en 1944. J’ai vécu la Résistance, on cachait les parachutistes, on les trouvait dans les haies et on les mettait dans les bâtiments. J’en ai même mis deux dans une tonne …

Il y avait pourtant des Allemands qui étaient à côté, ils sont partis dans la nuit. Nos chefs étaient MM Frappier, Baudel et aussi M. Lautour qui avait toujours une radio dans son atelier. Un jour il nous avait dit « vous verrez, il y aura des bandes noires partout ». Et de fait, il y avait des bandes noires, c’était pour rayer les communications, la radio. Il y en avait un lieutenant en civil qui est resté au moins trois semaines, il voyageait seulement la nuit. Il en a fait sauter des pièces de canons ! Il a fait sauter deux grosses pièces, l’une chez Duval et une dans le chemin sur la route de l’ancienne briqueterie. C’étaient des Italiens qui étaient à la garde de ces pièces-là. Nous, on cachait les parachutistes, on leur amenait à manger dans des paniers à pommes. Je ramassais de l’herbe, je mettais de l’herbe dans le fond et au-dessus et je mettais le manger entre deux.

Les trois quarts du temps je ne voyais pas les parachutistes. Les deux premiers que j’ai vus, ils avaient du cirage sur la figure et sur les mains, ils étaient tout noirs, alors là, j’ai eu peur. C’était au petit pont près du calvaire. Deux jours après, j’ai vu deux soldats italiens, ils étaient éventrés au couteau dans l’eau sous le petit pont, couchés dans l’eau.

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Témoignage de Georges Lelièvre
J’avais 12 ans en 1944. J’ai vécu la Résistance, on cachait les parachutistes, on les trouvait dans les haies et on les mettait dans les bâtiments. J’en ai même mis deux dans une tonne …
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Un raid des commandos britanniques en 1941 à Gonneville-sur-mer

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Intervention de Jean-Claude Bosquain
Le raid de Novembre 1941 mené par des commandos britanniques à Gonneville devait permettre de réunir des informations sur les défenses de la côte normande ...
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Saint-Vaast-en Auge

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Récit de Gérard Bertin
La nuit du 5 au 6 juin 44, une bombe soufflante a enlevé le toit de la maison où nous habitions à 10, nous étions sinistrés !
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