Grangues


Un bombardier Stirling
Un bombardier Stirling

Grangues est une petite commune très vallonée située à moins de 5 km de la côte normande, Dives-Cabourg. Léon Tardy, cultivateur à Grangues, faisait partie du réseau de résistance Zéro-France et facilitait l'évasion d'aviateurs anglais et des réfractaires au STO. 

Dans la nuit du 5 au 6 juin, plusieurs planeurs se "crashent" sur la colline. Des habitants aident les parachutistes rescapés mais une cinquantaine de parachutistes ont trouvé la mort à Grangues.

Clichés de la collection A Bosquain
Clichés de la collection A Bosquain


Léon Tardy, un Résistant à Grangues

Léon Tardy s’est s’engagé très tôt dans la Résistance. Dès 1940, il accueille des soldats anglais rescapés de l’encerclement de Dunkerque. En 1942, il rejoint le réseau Zéro France dont le responsable local est Aimable Lepeu, pharmacien à Dives-sur-mer. Arrêté en mars 1944, il est déporté et  décède  le 1er Mai 1945. De très nombreuses décorations lui furent décernées à titre posthume. 

 

En 1938, Léon Tardy décide de louer une petite ferme à Grangues, il achète des vaches, des poules, des lapins et un âne pour aider aux tâches quotidiennes. Sa fille Eliane avec ses frères et sœurs et sa mère Marcelle s’occupent de cette bâtisse, sans eau ni électricité pendant que Léon commence son nouveau travail de mécanicien à Cabourg. Mobilisé en 1939, il est vite libéré en raison de son âge et des enfants.

 

Eliane raconte :

 

“Et l’Occupation commence”.

En juin 1940, le jour de l’Appel du 18 juin, “mon père revint à la maison avec 50 kg de farine et autre ravitaillement. Il nous dit que c’était l’invasion et l’Occupation, qu’il ne l’accepterait pas l’ayant déjà subie de 1914 à 1918” (…) Au début de l'Occupation, les Allemands se donnaient du mal pour se faire accepter, mais sous la cendre couvait le feu”.

En juillet 40, deux Anglais n’ayant pu réembarquer à Dunkerque et fuyant devant l’armée allemande arrivent à Grangues chez Léon Tardy qui avait appris l’anglais au cours de la première guerre mondiale. « Ils se cachaient de l’armée allemande depuis plus d’un mois, terrorisés à l’idée d’être découverts, ils avaient vu leurs camarades assassinés sous leurs yeux.” Léon leur fait de faux papiers et comme les Bretons à l’époque ne parlaient que peu le français, il les déclare en tant qu’ouvriers saisonniers bretons. Jim et Harold aident à la ferme avec les enfants Tardy.

En 1941, Léon trouve un réseau et fait partir Jim. Renseignés, les Allemands débarquent chez les Tardy où Harold pris de panique se cache sous le lit parental. Marcelle Tardy, questionnée par les Allemands, répondit “très maîtresse d’elle même” : “Vous parlez des saisonniers ? Ils sont repartis car nous n’avions plus de travail pour eux”. Harold part le lendemain.

« Et la Gestapo s’installa à Caen. Pour cacher ses activités de résistant, mon père fit de l’abattage clandestin, Marcel l’aidant et transportant des colis destinés à Paris, les réfugiés de passage prenant le relais et effectuant certains travaux à la ferme ou attendant d’être cachés ailleurs. »

 

Pendant les années de guerre, en plus de jeunes Français, Léon Tardy a également caché deux Américains, trois Canadiens et un Norvégien. Des messages annoncèrent leur bon retour en Angleterre.

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Récit de Eliane Alexandre, fille de Léon Tardy, résistant
Installé dans une ferme à Grangues, Léon Tardy qui fait partie du réseau Zéro France, accueille dès 1940 des soldats britanniques puis il rejoint le réseau Zéro France. Eliane, sa fille raconte ...
Famille ALEXANDRE - TARDY.pdf
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Décorations de Léon Tardy
A titre posthume, Léon Tardy a reçu de nombreuses décorations de la part des gouvernements britannique, belge et français
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Léon Tardy Résistant FFI
Léon Tardy, résistant reconnu et décoré, faisait partie du réseau Zéro-France dont le responsable Aimable Lepeu était pharmacien à Dives-sur-mer. Il facilitait l'évasion d'aviateurs anglais et cachait des réfractaires au STO.
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Témoignages d'habitants de Grangues

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Témoignage de Pierrot Neuville
Pierrot habitait le haut de Grangues, au Mont dit Mont, dans une ferme tout près des canons qui étaient installés sur la colline. Contrairement à Dives, Grangues n'a pas été évacué en juillet 44. Pierrot se souvient de la libération, des éclats d'obus qui ont tué sa grand-mère et l'ont épargné.
Pierrot Neuville Grangues.pdf
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Un réfractaire au STO, Marcel Panel
Marcel Panel a été envoyé dans la Sarthe pour échapper au STO
Récit Marcel PANEL réfractaire STO.pdf
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L'arrivée de paras à Criqueville par Jean l'Hostis
Jean L'Hostis a vu l'arrivée dès le 6 juin 1944 de paras anglais dans les communes à l'est de la Dives
Cricqueville en Auge 14 L'HOSTIS aout 20
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Récits de soldats britanniques à Grangues

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Des parachutistes anglais cachés à Grangues
Marcel Panel transmet les témoignages d'habitants de Grangues qui ont aidé les premiers parachutistes britanniques à Grangues
Souvenirs de Marc Langevin.pdf
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Lettre du soldat britannique Willy Trout
Lettre de Willy Trout.pdf
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Récit du soldat britannique Mold
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Voir aussi : Crash des avions à Grangues dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 : documents Grangues