Compte-rendu des rencontres - conférences 


L'association organise des rencontres-conférences animées par des historiens reconnus ou amateurs, dans une dizaine de communes d’entre Orne et Dives libérées par la 6ème Division aéroportée et les commandos britanniques. C’est toujours avec beaucoup d’émotion que les témoins de l’époque sont venus partager leurs souvenirs avec l’auditoire. Les nombreux témoignages recueillis depuis novembre 2012 sont disponibles sur le site.

 


Claude Doktor à Dives-sur-mer le 4 Novembre 2013             

Claude Doktor, auteur de nombreux ouvrages dont le dernier "Caen et Dives sous l'occupation" est disponible à l'office de tourisme de Dives-sur-mer " a parlé du réseau Zéro France.

Une centaine de personnes étaient réunies dans la salle du cinéma le Drakkar pour assister à cette 6ème rencontre. La soirée a commencé avec l’intervention de Claude Doktor à propos de la constitution du réseau de résistance Zéro France, issu d’un réseau belge et qui s’est étendu progressivement  dans le Nord de la France puis en région parisienne et dont la branche normande dépendait. Le responsable à Dives, Aimable Lepeu, pharmacien,  était à la tête d’une organisation qui regroupait 55 personnes avec la participation de commerçants, la marchande de cycles, Louise Cardelec, le boulanger, mais aussi des habitants comme Stanislas Lasica, Yves Diverres et également de cheminots, Marius Trefouël, Maunnoury, et bien d’autres dans les environs. Un habitant de Grangues, M. Tardy a participé activement aux activités de ce réseau : collecte d’informations utiles pour la préparation d’un débarquement, aide aux parachutistes alliés et aux réfractaires au STO … Le réseau a bénéficié de l’aide de nombreux divais, M. Poppé photographe qui fournissait les photos pour les fausses cartes d’identité des parachutistes et des réfractaires au STO, M. Bruneteau, commissaire de police qui laissait une fenêtre entrouverte la nuit. Le réseau fut démantelé en mars 44, vraisemblablement sur dénonciation.Vincent Carpentier a ensuite animé le débat. Une quinzaine de nouveaux témoignages avaient été réunis au préalable. Des divais ont ainsi partagé leurs souvenirs sur le débarquement, les bombes lâchées dans les cités le 8 juin par un avion allemand qui s’est délesté de ses bombes sur les cités provoquant la mort de 11 civils, un avion crashé avec son aviateur le 11 juin. Ils ont raconté l’exode des populations civiles vers Blangy le château pour certains, Tillières-sur-Avre pour d’autres, … Il a aussi été question du départ des enfants de Dives pour une colonie de vacances en août 43 qui s’est transformée en un séjour de plus d’une année avec Mimi Guilham. Enfin, inattendue, l’intervention d’Edouard qui était un enfant de l’autre côté de la Manche et qui se rappelle lui aussi la nuit du 6 juin où "les avions étaient plus nombreux que les étoiles dans la nuit !"


Vincent Carpentier à Varaville le 20 Septembre 2013 

François Régnier
François Régnier

 

La salle des fêtes de Varaville a accueilli environ 70 personnes pour la rencontre organisée par l’association. Vincent Carpentier a lu le récit de Mme Couturier relatant la vie dans le village avec la présence des allemands qui avaient posé de nombreuses mines et celle d’un collaborateur qui terrorisait la population. M. Maréchaux, n’était pas dans la région à cette époque, mais il nous a raconté son parcours alors qu’il  s’était engagé dans différents maquis du sud de la France. M. François Régnier a retrouvé le journal que tenait son père à la ferme de la Rivière à Petitville et dans lequel il consignait, au jour le jour, aussi bien les bombardements et l’arrivée de parachutistes le 6 juin que les petits faits de la vie quotidienne.  Le récit qu’il a constitué à partir de ce document ainsi que les témoignages de ceux qui ont vécu à la ferme à cette époque sont mis en ligne sur le site de l’association.


Rencontre à Houlgate le 28 Août 2013 avec Gabriel Barast, Jean-Claude Bosquain et Raymond Collardeau

Plus de 120 personnes sont venues pour la conférence sur l’histoire de la ville de Houlgate. Cette rencontre était organisée par l’association « Un fleuve pour la liberté, la Dives» . Christine Le Callonec , présidente, a rappelé les deux principaux objectifs de l’association, aider à la parution du livre de Vincent Carpentier sur l’histoire de la Libération entre l’Orne et la Dives  grâce à des souscriptions ; et récolter des témoignages sur cette période de l’histoire. Maryse Vernochet, avait invité plusieurs intervenants pour cette soirée. Gabriel Barast, capitaine de frégate, a relaté des faits souvent méconnus : en novembre 1941, un raid réalisé par des commandos britanniques est destiné à recueillir des informations sur les défenses allemandes et la batterie de Tournebride. Ce raid s’est déroulé dans des conditions difficiles et le retour fut calamiteux ! Mais aussi  en 1944 des torpilles humaines partent d’une base au pied des falaises pour tenter de détruire des navires alliés. Jean-Claude Bosquain a précisé que les canons installés lors du raid étaient factices ! Il a également raconté la chute du planeur avec à son bord le lieutenant Rousseau qui n’a pu rejoindre Dozulé car il a été tué une heure après son arrivée. Claude Doktor a retracé l’arrivée de la Brigade Piron et la Libération de Houlgate le 21 Août 1944. Enfin, Raymond Collardeau, âgé de 11 ans à l’époque, nous a fait part de ses nombreux souvenirs de l’époque : comment avec d’autres enfants il récupérait des pommes de terre et des boules de pain destinées aux allemands, comment alors qu’un des enfants était surpris lors de ce trafic et emmené par les allemands, tout un groupe d’enfants manifestait plusieurs fois et obtenait enfin le relâchement de leur ami. Il a également ému l’assistance par un hommage très appuyé aux libérateurs. 


 André Bosquain à Grangues le 9 juillet 2013

Près de 50 personnes ont assisté à cette troisième rencontre organisée par l’association « Un fleuve pour la liberté, la Dives » dans la salle des écoles à Grangues. Après un mot d’accueil du Maire de Grangues M. Langevin et une présentation de l’association par sa présidente, Christine Le Callonec, André Bosquain a animé les échanges.

 Il a retracé l’histoire des avions et des planeurs qui ont atterri ou se sont écrasés dans ce secteur boisé et vallonné du Pays d'Auge. Il a rappelé que 44 pilotes et parachutistes anglais de la 6ème Airborne sont morts dans le crash des avions et planeurs dans la nuit du 5 au 6 juin. Le lendemain, 8 prisonniers furent fusillés dans le parc du château. La plupart reposent désormais dans le cimetière militaire de Ranville et une stèle porte leurs noms dans le cimetière de Grangues.

André Bosquain a rappelé l’importance stratégique des hauteurs qui culminent à 130 mètres d’altitude dominant la vallée de la Dives et offrant une vue panoramique jusque la plaine de Caen.

 Invitant les personnes présentes dans l’assemblée à donner leur témoignage, de nombreux et émouvants échanges ont eu lieu entre les participants qui confirmaient les évènements qu’ils avaient vécus ou entendus de leurs parents, concernant les arrestations des commandos et l’aide apportée par les habitants de Grangues et des communes environnantes.

Plusieurs anciens parachutistes sont revenus dans la commune depuis les cérémonies de commémoration et des liens se sont tissés avec quelques habitants. Mme De Charnacé a raconté comment un ancien  parachutiste revenu sur le site a jeté ses béquilles avant de lui demander de le prendre en photo.

Aussi, M. Lockart a raconté le retour d’un commando gallois qui avait eu pour mission de déminer la colline pour faciliter l’entrée des troupes alliées et qui, âgé, était très ému de voir le paysage inchangé et retrouver les bases du poste d’observation situé sur la colline de Bassebourg.

 La soirée s’est terminée la lecture par Pierre Christophe, fils d’André Christophe, du récit émouvant des péripéties de ses parents, sa mère, Marie, ayant accouché à Caen quelques jours seulement avant le débarquement et ayant rejoint sa maison, seule à pieds avec sa fille âgée de quelques jours. Partie de Caen détruit par les bombardements, elle s’est réfugiée quelques jours à Démouville puis repartie avec un landau pour sa fille et, malgré de nombreux barrages, en passant successivement à Argences, Cléville et Dozulé, elle réussit à revenir épuisée à Grangues.


André Gérault et Vincent Carpentier à Troarn, le 3 juin 

Environ 130 personnes étaient présentes à la conférence-rencontre organisée à Troarn par l’association « Un fleuve pour la liberté, la Dives », lundi 3 juin. André Gérault, membre de cette association et Président de l’Association de sauvegarde du patrimoine troarnais et burois, fut le principal animateur de cette rencontre.

Christine Le Callonec, Présidente de l’association « Un fleuve pour la liberté, la Dives », a tout d’abord rappelé brièvement les objectifs de cette soirée d’histoire et de débat : permettre la parution, en juin 2014, du livre de Vincent Carpentier, Un fleuve pour la Liberté, la bataille de la Dives, et favoriser la collecte et le partage des souvenirs des habitants de la région.

 

L’auteur a ensuite présenté, à l’aide d’un diaporama, les principaux acteurs et les événements militaires qui se sont déroulés, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, dans la région de Troarn avec les parachutages des bataillons anglais et canadien appartenant à la 3ème brigade de la 6ème Division aéroportée, et la destruction des ponts sur la Dives.

André Gérault a pris la parole pour évoquer avec la participation active de l’auditoire, divers événements de la vie quotidienne des habitants de Troarn, des premières heures du 6 juin jusqu’à leur évacuation à la suite des violents bombardements des 22, 23 et 24 juin 1944. L’orateur a animé les échanges avec plusieurs témoins de la commune et des environs, qui ont eux-mêmes vécu ces événements ou ont partagé les informations qu’ils tenaient de leurs proches.

Parmi ces témoignages, Fernande Catherine  a relaté avoir été sauvée de justesse par le père d’une personne présente dans la salle, M. Bidgrain, alors qu’un obus venait de toucher la maison où elle se trouvait. Ce dernier a lui-même évoqué divers aspects de cette époque, et notamment le combat aérien qu’a mené une escadrille de pilotes australiens dans le ciel de Saint-Samson, ainsi que les commémorations qui ont réuni, à l’occasion du cinquantenaire, les habitants de cette commune et la délégation australienne venue se recueillir sur la tombe de son compatriote abattu en Normandie.

Parmi d’autres témoignages, deux habitants de Robehomme ont évoqué l’arrivée des parachutistes : Serge Eve, dont le père et la mère ont accompagné les parachutistes au combat et vers les ponts qu’ils ont fait sauter, ou un habitant qui se souvient avoir assisté à l’atterrissage de deux planeurs aux abords du hameau de Briqueville, et à la capture de l’île de Robehomme dans les premiers jours de juin. M. Daniel Blondel, M. Claude Payen, Me Jacques Richomme, ancien maire, Madame Jacqueline Hue, ont rappelé également quelques épisodes de cette période.

 

De nombreuses photos prises à l’époque de la Libération par M. Legrand, photographe à Troarn, et retrouvées récemment, ont été projetées sur l’écran et commentées par l’auditoire tout au long de la soirée. Au terme d’un débat animé, M. Gérault a offert à V. Carpentier les ouvrages de Jean Laspougeas, Agrégé de l’Université : Prenez Troarn ! La bataille de Troarn, 6 juin-17 août 1944 et Troarn dans la Deuxième guerre mondiale, Souvenirs et récits du Docteur Pierre Martin, dans lesquels figurent quelques-uns de ces exceptionnels documents.

 


Claude Doktor et Yves Lecouturier à Saint-Pierre-du-Jonquet, le 17 mai 2013

La première rencontre organisée par l’association « Un fleuve pour la liberté, la Dives » a eu lieu à Saint-Pierre-du-Jonquet, le 17 mai 2013. Un public nombreux et intéressé, environ 70 personnes, est venu assister à la conférence.

 Claude Doktor, auteur de plusieurs livres sur la Seconde guerre mondiale dans le Calvados, a présenté l’état des recherches concernant l’identification des victimes du massacre de Saint-Pierre-du-Jonquet perpétré par les membres de la Gestapo caennaise installés à Argences en juillet 1944. A ce jour, sur les 28 corps trouvés en 1944 et 1946, 11 restent anonymes.


 Yves Lecouturier, auteur du livre Massacres à Saint-Pierre-du-Jonquet, a précisé l’état des démarches qu’il mène depuis plusieurs années pour obtenir la possibilité d’effectuer des analyses d’ADN. Le projet de loi accepté à l’unanimité à l’Assemblée, a été refusé au Sénat.

 

Parmi l’auditoire, quelques participants ont pris la parole pour témoigner :

Serge Eve dont le grand-père a été arrêté à Périers-en-Auge pour avoir prêté assistance à des parachutistes anglais ; Jocelyne Eve, qui se souvient avec beaucoup d'émotion de l’arrestation, en juillet 1944 à Dives-sur-Mer, de M. Ludwiczack pour avoir abrité chez lui des parachutistes anglais arrivés par erreur sur les rives de la Dives au lieu de celles de l’Orne.

Mme Letirand, petite-fille de M. Daudet, directeur de la briqueterie de Dozulé, a également fait part des récits sur ses deux grands-pères qui ont été arrêtés pour faits de résistance dans la région de Dozulé-Cambremer mais sauvés grâce à l’intervention de soldats allemands.

 

Vincent Carpentier a situé le contexte du livre qu’il est en train de rédiger : Un fleuve pour la liberté, la bataille de la Dives, et répondu aux questions de l’auditoire.

 

M. Lemonnier, Maire de Saint-Pierre-du-Jonquet, a promis d’organiser une exposition de documents de l’époque de l'Occupation lors d’un prochain événement dans sa commune.